Les Ateliers de l'Adaptation au changement climatique

Mais..! À quoi ça sert de s’adapter au changement climatique ?

Cette question revient souvent, avec en arrière-fond l’idée que nous ferions mieux de nous concentrer d’abord sur l’atténuation du changement climatique, à savoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle repose sur un frein psychologique et sur une méconnaissance.
LE FREIN PSYCHOLOGIQUE
Pour beaucoup de personnes, s’intéresser à l’adaptation signifie
1) Un échec : on a échoué à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
2) Un abandon : on prend acte de cet échec pour le passé mais aussi pour l’avenir. Par fatalisme, on va s’adapter.
👉 Si c’est un fait que les émissions n’ont pas baissé (hors covid), s’intéresser à l’adaptation ne signifie pas du tout que cet échec va se poursuivre.
👉 Cela signifie juste que les conséquences du changement climatique vont se poursuivre et qu’il est urgent de s’y préparer.

C’est là qu’on en vient au point deux :
LA MÉCONNAISSANCE
Pour beaucoup de personnes, la notion d’inertie du changement climatique n’est pas encore bien intégrée. Cette inertie est liée à
👉 La durée de vie des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et notamment à celle du CO2 (une partie du CO2 émis maintenant sera encore présent dans des centaines d’années).
👉 La lenteur de réaction des océans et des glaces terrestres : la fonte des glaciers et calottes polaires se poursuivra pendant des milliers d’années ; le réchauffement de l’océan se poursuivra également (sa température devrait augmenter de 2 à 8 fois plus au cours de ce siècle qu’elle ne l’a fait depuis 1970), ainsi que son acidification. Conséquence : la poursuite inéluctable de l’élévation du niveau marin qui est irréversible, mais dont l’ampleur et la vitesse dépendent des émissions de gaz à effet de serre et du réchauffement à venir.
👉 La capacité de changements des sociétés humaines : les freins sociaux, politiques et économiques sont déterminants.
Donc oui, il est urgent de s’adapter aux conséquences du changement climatique, quand bien même nous stopperions demain matin toutes nos émissions. Ce n’est pas un échec, c’est juste de la lucidité.

Bizarrement, on entend également la question inverse :
👉 Mais..! À quoi ça sert d’atténuer le changement climatique en réduisant nos émissions puisqu’il suffira de s’adapter ?
La réponse est claire :
Il existe un seuil d’émissions au-delà duquel il sera tout simplement impossible de s’adapter car les impacts seront trop importants et que nous n’aurons plus les ressources nécessaires pour y faire face.

Penser l’adaptation, c’est donc
👉 « se placer dans un monde où l’atténuation n’est pas assez rapide, mais où elle évite de dépasser des limites au-delà desquelles les pertes et préjudices deviennent insoutenables », souligne le Haut Conseil pour le Climat.

Conclusion : ne pas opposer atténuation et adaptation, dont les synergies sont nombreuses (à suivre).

Icones de l’illustration : Mural®

Catégories : Notions de base

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.